Dissolution de la CEI : Dr Boga Sako réclame des réformes consensuelles et appelle à la vigilance
La Fondation ivoirienne pour l’observation et la surveillance des droits de l’homme et de la vie politique (FIDHOP) a réagi à la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), annoncée mercredi par le gouvernement ivoirien, en invitant les acteurs politiques et la société civile à faire preuve d’« une extrême vigilance ».

Dans une déclaration signée depuis Washington DC par son président Boga Sako Gervais, l’organisation de défense des droits humains estime que cette décision soulève d’importantes interrogations aussi bien sur le plan juridique que politique.
Le gouvernement ivoirien avait justifié la dissolution de la CEI par les nombreuses critiques visant l’institution électorale depuis sa création en 2001.
Mais pour la FIDHOP, la procédure utilisée pose problème. « La CEI ayant été créée par une loi, l’Assemblée nationale est la seule institution habilitée à prononcer cette dissolution », soutient l’organisation.
La FIDHOP considère ainsi que cette mesure traduit « un mépris des règles républicaines » et dénonce un usage contesté des ordonnances présidentielles dans le domaine politique.
L’organisation affirme également que cette dissolution devrait pousser l’opposition politique et la société civile à davantage de discernement, notamment en raison des incertitudes entourant la future structure appelée à remplacer la CEI.
La nomination quasi simultanée de l’ancien président de la CEI, Ibrahim Coulibaly-Kuibiert, à la présidence du Conseil d’État nourrit aussi les interrogations de la FIDHOP, qui y voit « une première illustration » des orientations du pouvoir.
Dans sa déclaration, l’organisation rappelle par ailleurs que le processus de révision de la liste électorale de 2025 n’était pas encore achevé au moment de la dissolution de l’institution électorale.
Elle évoque également le cas des responsables politiques radiés de la liste électorale et appelle à l’ouverture d’un dialogue national inclusif sur le système électoral ivoirien.
« La FIDHOP appelle à de véritables assises nationales sur le système électoral de la Côte d’Ivoire afin d’aboutir à un organe consensuel, qui soit au-dessus de tous soupçons », indique le texte.
L’organisation estime toutefois que cette dissolution, malgré son caractère « tardif et juridiquement discutable », peut représenter « une opportunité salvatrice pour la démocratie et pour une paix durable ».
Enfin, la FIDHOP a rendu hommage aux victimes des différentes crises électorales en Côte d’Ivoire et appelé à la libération des personnes détenues en lien avec ces événements, tout en invitant les Ivoiriens à demeurer mobilisés « pour l’avènement d’une vraie démocratie fondée sur le respect de la Constitution et des lois ».
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