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Côte d’Ivoire : des bénévoles formés à la santé sexuelle et à la lutte contre les violences basées sur le genre

En réponse à la persistance des violences basées sur le genre (VBG) et à l’insuffisance de l’éducation en santé sexuelle et reproductive (SSR), l’ONG...
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Côte d’Ivoire : des bénévoles formés à la santé sexuelle et à la lutte contre les violences basées sur le genre

En réponse à la persistance des violences basées sur le genre (VBG) et à l’insuffisance de l’éducation en santé sexuelle et reproductive (SSR), l’ONG Overcome, en collaboration avec le programme Voix Essentielles, a organisé ce samedi 21 juin 2025, une journée de formation à l’attention de ses bénévoles. L’initiative s’inscrit dans une stratégie de renforcement des capacités communautaires, avec pour ambition de doter les acteurs de terrain des outils nécessaires pour accompagner les populations vulnérables.

La session s’est déroulée dans une atmosphère studieuse et engagée, réunissant une vingtaine de bénévoles venus s’initier à deux axes essentiels : les fondamentaux de la santé sexuelle et reproductive, et les approches intégrées de la prise en charge des victimes de VBG. Selon Mme Elleingand, vice-présidente de l’ONG Overcome, la formation vise à accroître l’efficacité des interventions de terrain. « Nous sommes là pour donner plus d’outils à nos bénévoles afin d’apporter l’aide adéquate à la communauté, en matière de santé sexuelle, de reproduction, et de prise en charge des victimes de VBG », a-t-elle expliqué. Elle précise que ces connaissances sont cruciales dans le cadre des activités de sensibilisation menées régulièrement à l’intérieur du pays. Le Dr Odjé Claude Evaristes, Directeur Coordonnateur adjoint du Programme national de santé scolaire et universitaire (PNSSU-SAJ), a animé le module sur la SSR. Pour lui, il est urgent d’aborder la sexualité de manière responsable, surtout auprès des jeunes. « Actuellement, nous avons eu près de 4000 cas de grossesse cette année. Cela veut dire que les enfants ont des rapports sexuels. Il faut donc leur donner les bons rudiments pour que cela ne devienne pas une source de conflits ou de déscolarisation », a-t-il plaidé. L’approche juridique et psychosociale de la prise en charge des survivantes de VBG a été développée par Me Carelle Goli, juriste des droits humains. Elle a rappelé que « la victime n’a pas de profil type » et que l’accompagnement doit s’appuyer sur une meilleure connaissance des types de violences (sexuelles, physiques, émotionnelles, etc.), des lois existantes et du contexte culturel. « Il faut rendre possible l’accès à l’information, comprendre les textes et se former en continu », a-t-elle insisté. Les participants, majoritairement issus de milieux associatifs, ont exprimé leur satisfaction à l’issue de la formation. Pour Silva Grâce Ursula, bénévole d’Overcome, cette journée a permis de mieux appréhender les réalités souvent tues dans la société. « L’Afrique est encore très fermée sur les sujets liés à la sexualité, et cela gâche beaucoup de vies. Ce type de formation libère les esprits et permet d’agir de manière concrète », a-t-elle souligné. Soutenue par le programme Voix Essentielles piloté par Speak Up Africa, cette initiative vise à bâtir un réseau de bénévoles aptes à relayer les messages de prévention, à orienter les survivantes vers les services adaptés, et à mener des campagnes de sensibilisation ciblées, notamment dans les zones rurales. Au terme de la journée, chaque participant a reçu une attestation, marquant ainsi son engagement à œuvrer pour une société plus informée, plus protectrice, et respectueuse des droits humains fondamentaux. Serge Kpan, Correspondant à Abidjan Akondanews.net
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