Coopération Axe Abidjan-Berlin : la vice-ministre allemande Serap Güler scelle un partenariat stratégique contre le terrorisme et pour la mobilité choisie
C’est une visite inédite qui redessine les contours de la coopération entre l'Allemagne et la Côte d'Ivoire. Du 10 au 12 mai 2026, la Vice-ministre d’État allemande aux Affaires étrangères, Serap Güler, a effectué son tout premier déplacement officiel en terre ivoirienne. Entre diplomatie sécuritaire face à la menace terroriste au Sahel et promotion d’une immigration professionnelle structurée, Berlin affiche une ambition claire : faire de la Côte d’Ivoire le pivot de sa stratégie de stabilisation et de partenariat en Afrique de l'Ouest.


Le rempart sécuritaire face au terrorisme du Sahel
Au cœur de ce séjour de 48 heures, les questions de sécurité régionale ont dominé l'agenda diplomatique. À Abidjan, Serap Güler a mené des audiences hautement stratégiques, s’entretenant successivement avec le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, puis avec Adama Dosso, ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur.
Face à la poussée des groupes armés non étatiques et à l'instabilité chronique qui secoue la bande sahélienne, la vice-ministre s'est rendue à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) de Jacqueville, une institution de pointe activement soutenue par l'Allemagne. L'enjeu est de taille : ériger une ligne de défense pérenne pour empêcher l'expansion du péril djihadiste vers les États côtiers du golfe de Guinée. Sur place, l'émissaire de Berlin s'est montrée on ne peut plus claire, rassurant les autorités ivoiriennes sur la continuité et le renforcement de l’accompagnement militaire et structurel de l’Allemagne dans ce combat asymétrique.
Migration choisie contre immigration clandestine :
le pari de la main-d'œuvre qualifiée

Mais la vision allemande ne se limite pas au volet sécuritaire. À Abidjan, Serap Güler a également investi le terrain de la diplomatie culturelle et de l'emploi en visitant les locaux du Goethe-Institut. Elle y a rencontré des jeunes Ivoiriens insérés dans un programme d'excellence piloté par l'entreprise allemande Emons. Le concept ? Apprendre avec succès la langue de Goethe au sein de l'institut culturel afin de préparer une formation professionnelle qualifiante directement en Allemagne.
Pour la diplomate, ce projet illustre parfaitement la nouvelle doctrine migratoire qu’elle entend défendre. Rompant avec les discours purement restrictifs, la vice-ministre a insisté sur la nécessité de développer des perspectives concrètes de migration régulière. L'objectif affiché est double : offrir des canaux légaux et sécurisés d'immigration pour la main-d’œuvre qualifiée africaine tout en luttant efficacement, par l'alternative économique, contre les drames de la migration clandestine.
Abidjan, le partenaire incontournable de Berlin en Afrique de l'Ouest
« L’Afrique de l’Ouest est une région d’une importance particulière pour l’Allemagne et l’Europe. Les évolutions ici nous concernent directement », a martelé Serap Güler, traduisant une prise de conscience aiguë à Berlin : la stabilité européenne se joue aussi sur le continent africain.

Déjà fortement impliqué dans le tissu économique, commercial, culturel et scientifique de la sous-région, le gouvernement allemand confirme ainsi que la Côte d'Ivoire demeure l'un de ses partenaires commerciaux les plus solides et les plus fiables sur le continent africain.
Après avoir consolidé l'axe Abidjan-Berlin, la vice-ministre d’État a repris les airs en direction de Lomé, au Togo. Prochaine étape de son périple ouest-africain, elle y visitera l'un des ports en eaux profondes les plus névralgiques du continent, confirmant l'ancrage définitif de l'Allemagne dans les dynamiques maritimes et économiques du golfe de Guinée.
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