Côte d'Ivoire : Pulchérie Gbalet met en cause la gouvernance de l'orpaillage et appelle à un changement de système
L'une des plus grandes militantes ivoiriennes de la société civile Pulchérie Gbalet a estimé que la prolifération de l'orpaillage en Côte d'Ivoire reflète des défaillances de gouvernance et des insuffisances dans l'application des textes en vigueur, appelant à une refonte du système de gestion publique, dans une publication diffusée mardi sur sa page Facebook.

Dans ce long message consacré à l'exploitation aurifère, l'activiste affirme que l'orpaillage touche désormais l'ensemble du territoire national et représente une menace croissante pour les ressources naturelles, les terres agricoles et les populations riveraines.
« Tout le pays est aurifère donc l'orpaillage existe dans tout le pays. Aucune région n'est épargnée. Toutes nos forêts et nos eaux sont agressées », écrit-elle, s'appuyant sur les missions qu'elle dit avoir effectuées à travers le pays, d'abord au sein du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD), puis dans le cadre de ses activités au sein de la société civile.
Selon Mme Gbalet, la responsabilité de cette situation incombe à plusieurs catégories d'acteurs. Elle cite notamment des propriétaires fonciers qui mettent leurs terres à la disposition d'orpailleurs, mais également des autorités administratives et politiques qu'elle accuse de ne pas assurer efficacement le contrôle du phénomène. Elle affirme en outre avoir reçu des témoignages faisant état de pressions exercées sur certains villages afin qu'ils autorisent l'exploitation de leurs terres.
Elle estime que les conséquences de l'orpaillage dépassent le seul cadre environnemental. « Les conséquences de l'orpaillage sont physiques, sanitaires, environnementales, économiques et sociales », soutient-elle, évoquant la dégradation des écosystèmes, les risques sanitaires liés aux produits utilisés et l'absence de réhabilitation des sites exploités.
Pulchérie Gbalet formule également des critiques à l'égard de certaines sociétés minières opérant légalement, qu'elle accuse de ne pas respecter les normes environnementales et les dispositions du Code minier. Ces allégations n'ont pas été étayées dans sa publication et n'ont pas fait l'objet d'une réaction immédiate des autorités ou des entreprises concernées.
Dans son analyse, Pulchérie Gbalet considère que la réponse au phénomène passe avant tout par une réforme de la gouvernance. « Changer de régime et de système ! », écrit-elle, estimant que les solutions mises en œuvre jusqu'à présent n'ont pas permis d'enrayer durablement l'expansion de l'orpaillage clandestin.
Les autorités ivoiriennes présentent régulièrement l'orpaillage illégal comme un défi majeur en matière de sécurité, de protection de l'environnement et de préservation des ressources naturelles. Elles ont multiplié ces dernières années les opérations de démantèlement de sites clandestins ainsi que les campagnes de sensibilisation dans plusieurs régions du pays.
Rappelons que la publication de Pulchérie Gbalet intervient alors que les questions de gouvernance des ressources naturelles et de lutte contre l'exploitation minière illégale demeurent au cœur du débat public en Côte d'Ivoire, à l'approche de nouvelles échéances politiques.
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