Accueil/Afrique/Côte d’Ivoire : Pulchérie Gbalet condamnée à trois ans de prison dans l’affaire des 49 soldats ivoiriens au Mali
Afrique

Côte d’Ivoire : Pulchérie Gbalet condamnée à trois ans de prison dans l’affaire des 49 soldats ivoiriens au Mali

La plus grande figure de la société civile ivoirienne, Pulchérie Gbalet, a annoncé avoir été condamnée par défaut à trois ans d’emprisonnement ferme et à une amende de deux millions FCFA dans le cadre de l’affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés au Mali en 2022.

Serge Kpan2 min de lecture
Partager :
Côte d’Ivoire : Pulchérie Gbalet condamnée à trois ans de prison dans l’affaire des 49 soldats ivoiriens au Mali

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, la présidente d’Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) est revenue sur les différentes étapes de la procédure judiciaire engagée contre elle depuis son retour du Mali en août 2022.

Selon elle, son déplacement à Bamako le 25 juillet 2022 s’inscrivait dans le cadre d’un échange d’expériences avec des organisations de la société civile malienne, alors que la crise liée à l’arrestation de 49 militaires ivoiriens alimentait les tensions diplomatiques entre Abidjan et Bamako.

Mme Gbalet affirme avoir profité de son séjour pour s’informer sur cette affaire qui suscitait de nombreuses interrogations. Elle explique également avoir rencontré des proches des soldats détenus avant de plaider publiquement pour une solution diplomatique.

« J'ai pris l'initiative de convoquer une réunion avec les parents des 49 et je me suis prononcée sur cette affaire en demandant à l'État ivoirien de s'excuser et de négocier avec ce pays frère », a-t-elle écrit.

À son retour en Côte d’Ivoire, le 3 août 2022, elle indique avoir été interpellée à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan avant d’être placée en garde à vue durant deux jours. Son passeport avait alors été saisi.

Quelques semaines plus tard, le 22 août 2022, alors qu’elle avait été invitée à récupérer son document de voyage, elle affirme avoir été déférée devant un juge d’instruction puis placée sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan.

Dans un communiqué publié le 26 août 2022, le procureur de la République lui reprochait notamment des faits « d’entente avec les agents d’une puissance étrangère », de « manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions » ainsi que de « diffusion de fausses nouvelles ».

Après plusieurs mois de détention, l’activiste a bénéficié d’une liberté provisoire le 3 février 2023, assortie d’un contrôle judiciaire comprenant l’obligation de se présenter régulièrement devant le juge et l’interdiction de quitter le territoire sans autorisation.

Pulchérie Gbalet soutient que plusieurs de ses demandes de voyage à l’étranger ont été rejetées ou sont restées sans réponse. Elle cite notamment une invitation à une conférence universitaire à Bruxelles pour laquelle une autorisation de sortie lui aurait été refusée en septembre 2025.

L’activiste estime par ailleurs que la procédure engagée contre elle ne reposait sur « aucune preuve » et dénonce les reports successifs des audiences.

Selon la décision qu’elle a publiée, le tribunal l’a finalement déclarée coupable de « diffusion de fausses informations » et de « trouble à l’ordre public », la condamnant à trois ans de prison et à une amende de deux millions FCFA.

À travers cette publication, Mme Gbalet critique vivement le fonctionnement de la justice ivoirienne et réaffirme son engagement politique et citoyen. Elle appelle également ses partisans à poursuivre leur mobilisation en faveur de réformes institutionnelles et du respect des libertés publiques en Côte d’Ivoire.

Tags :AfriqueSociété

Commentaires (0)