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1er mai 2025 : La CSE dénonce la répression syndicale et alerte sur les défis sociaux et électoraux en Côte d’Ivoire

À l’occasion de la fête du travail, célébrée ce jeudi 1er mai 2025 à l’allocodrome de Yopougon-Niangon, la Confédération Syndicale Espoir – Côte d’Ivo...
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1er mai 2025 : La CSE dénonce la répression syndicale et alerte sur les défis sociaux et électoraux en Côte d’Ivoire

À l’occasion de la fête du travail, célébrée ce jeudi 1er mai 2025 à l’allocodrome de Yopougon-Niangon, la Confédération Syndicale Espoir – Côte d’Ivoire (CSE-CI) a livré un message fort, empreint de préoccupations sociales, économiques et politiques. Au cœur de ce discours : la dénonciation de la répression des syndicalistes, la cherté de la vie, l’injustice sociale, et les risques entourant le processus électoral à venir.

Tout d’abord, la CSE a vigoureusement dénoncé la persistance de la répression contre les acteurs syndicaux en Côte d’Ivoire. Elle a rappelé avec indignation l’intervention policière du 5 mars 2025, lors d’une Assemblée Générale des enseignants tenue à la cathédrale Saint-Paul du Plateau, violemment dispersée. Plusieurs enseignants ont été interpellés, embarqués par la police, et certains placés en détention. Ces actes ne sont, selon la centrale syndicale, que les derniers en date d’une longue série de violations des droits syndicaux. « Il est inadmissible qu’un syndicaliste soit sanctionné pour avoir exercé son droit de grève », a martelé Pacôme Fallet Attaby, premier responsable de la CSE, qui exige la libération des leaders détenus et la fin de ces pratiques contraires à la Constitution. Elle appelle le gouvernement à garantir les libertés fondamentales, indispensables à un climat social apaisé. Par ailleurs, bien que la centrale reconnaisse certains efforts du gouvernement, notamment la revalorisation de l’allocation familiale, la bonification de la prime de transport et la hausse du SMIG de 60 000 à 75 000 FCFA, elle estime que ces mesures restent insuffisantes face au coût élevé de la vie. « Avec 75 000 FCFA, un travailleur ne peut ni se loger décemment, ni nourrir sa famille, ni scolariser ses enfants ou se soigner », a alerté la CSE. Elle réclame une revalorisation significative du SMIG et une augmentation de l’indice de base des fonctionnaires à 500 points. De plus, elle a dénoncé les disparités salariales au sein de l’administration publique, considérées comme une source majeure de frustration. En outre, la CSE a critiqué la complaisance de certains inspecteurs du travail, accusés de favoriser les employeurs au détriment des salariés. Une conférence de presse sera organisée dans les prochains jours pour dénoncer publiquement ces comportements jugés contraires à l’éthique. La centrale appelle l’État à sévir contre ces pratiques et à rétablir la crédibilité de l’institution. Dans le même esprit de vigilance, à six mois de l’élection présidentielle, la CSE exprime sa vive inquiétude face à la tension politique croissante, alimentée par les querelles autour de la Commission Électorale Indépendante (CEI). Elle craint un retour aux violences électorales comme celles de 2010 et 2020. La centrale syndicale exhorte les acteurs politiques à prendre conscience de leur responsabilité historique et appelle le gouvernement à garantir un scrutin inclusif, transparent, pacifique et sécurisé. « Il en va de la préservation des vies humaines et de la stabilité du pays », insiste Pacôme Fallet Attaby. Parallèlement, le discours du 1er mai a également mis en lumière la situation des aides-soignants, affectés sans respect des dispositions prévues par le décret de 2016, une décision perçue comme une violation de leurs droits. La CSE exhorte le ministère de la Santé à prendre des mesures correctives urgentes. Enfin, autre point d’alerte : l’immigration clandestine. Le départ massif des jeunes Ivoiriens vers l’Europe, notamment le Canada, traduit selon la CSE un profond malaise social. Sous-emploi, pauvreté, formation mal adaptée au marché du travail, et faible rémunération poussent la jeunesse à l’exil, souvent au péril de leur vie. La centrale appelle à des politiques structurelles fortes pour promouvoir l’emploi, améliorer la gouvernance et lutter contre la corruption. Pour finir, la CSE a appelé les autorités nationales et les institutions internationales à œuvrer pour une Côte d’Ivoire plus juste, plus équitable et plus solidaire. Elle insiste sur l’urgence de construire un modèle social inclusif, fondé sur le respect des droits, la promotion du dialogue et la stabilité politique. « Nous voulons une Côte d’Ivoire où chaque citoyen, chaque travailleuse et chaque travailleur, puisse vivre dignement et en paix », a conclu la Confédération. Serge Kpan, Correspondant à Abidjan Akondanews.net
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