Madagascar Le bilan du cyclone Batsirai passe à au moins 21 morts

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Antananarivo, le 08.02.2022.Le « grenier à riz » du centre du pays a été ravagé, faisant craindre à l’Organisatiin des Nations Unies (ONU) une aggravation de la crise humanitaire qui touche l’île. Le cyclone tropical Batsirai a quitté Madagascar, lundi 7 février, en laissant dans son sillage des dizaines de milliers de sinistrés, vingt-et-un morts et le « grenier à riz » du centre du pays ravagé, faisant craindre à l’ONU une aggravation de la crise humanitaire qui touche le pays. La grande île de l’océan Indien, qui compte près de 28 millions d’habitants, était déjà sous le choc d’une tempête tropicale, Ana, qui avait fait 55 morts fin janvier. Le Madagascar rappelons-le connaissait déjà de graves sécheresses.

Selon le dernier bilan du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes, 21 personnes ont été tuées. Près de 70 000 personnes ont dû quitter leurs foyers abîmés ou détruits par la pluie et les rafales de vent, qui ont atteint 165 km/h. L’agence des Nations unies pour l’enfance, l’Unicef, craint notamment que de nombreuses victimes soient des mineurs, dans un pays, l’un des plus pauvres au monde, où ils représentent plus de la moitié de la population.
Le cyclone, qui avait précédemment survolé l’île française de La Réunion, a frappé Madagascar dans la nuit de samedi à dimanche sur la côte orientale, dans une zone de 150 km de long, moins peuplée et agricole. A Mananjary, son épicentre, les riverains accablés regardaient résignés leur ville en lambeaux.

Grave sécheresse

Le cyclone s’est ensuite dirigé vers l’ouest, dans les terres, provoquant des crues qui ont dévasté les parcelles du « grenier à riz » du pays. Les conséquences du cyclone vont se faire ressentir pendant << plusieurs mois >>, notamment au niveau << agricole >>, a prévenu Jean-Benoit Manhes, représentant adjoint de l’Unicef dans le pays.
Une vingtaine de routes et dix-sept ponts restaient coupés lundi, selon les autorités. Certaines des zones les plus affectées restaient coupées du monde, comme la ville de Manakara, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU.
La capitale, Antananarivo, et le principal port du pays, Tamatave, ont été épargnés, d’où un bilan humain plus faible que ce qui était redouté par les autorités et les ONG, qui prévoyaient près de 600 000 personnes affectées.
<< Les toits de plusieurs centaines d’écoles, de centres de santé ont été soufflés >> dans les zones affectées, ajoute l’Unicef dans son bilan.

Ce nouveau coup dur survient alors qu’une grave sécheresse dans le Sud malgache a plongé plus d’un million de personnes dans la malnutrition aiguë, avec des poches de famine. Sur son passage, Batsirai a aussi en partie détruit la principale route reliant l’île du nord au sud, << ce qui rendra difficile la fourniture d’accès et de renfort dans certains villages y compris dans les zones de sécheresse >>, déplore Jean-Benoit Manhes joint par akondanews.net.

Dimanche, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a déclaré lors d’un sommet des dirigeants africains que le continent << subissait les pires impacts des phénomènes liés au réchauffement climatique tels que les sécheresses, les inondations et les cyclones >>. << Bien qu’ils ne soient pas responsables de la cause du changement climatique, ce sont les Africains qui en supportent à la fois le poids et le coût >>, a aussi dénoncé le président sud-africain. Cyril Ramaphosa n’a pas manqué de recommander les cations préventives ou de réponses en cas de telles situations.

Raphael LUMOO
Akondanews.net

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