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Confrontée à une hausse persistante des loyers, la capitale économique ivoirienne pourrait voir émerger de nouvelles solutions portées par les professionnels du secteur immobilier. La Chambre nationale des promoteurs et constructeurs agréés de Côte d’Ivoire (CNPC-CI) a dévoilé une feuille de route visant à rééquilibrer le marché du logement et à améliorer l’accès à l’habitat.

Réunis le 11 février 2026 dans un hôtel de Cocody à l’occasion de leur rentrée solennelle, couplée à la présentation des vœux au président Siriki Sangaré, les acteurs du secteur ont dressé un diagnostic préoccupant de la situation immobilière.
« L’indicateur le plus visible du déséquilibre du marché immobilier reste la hausse continue des loyers à Abidjan. Cette situation est le reflet d’un gap structurel entre l’offre et la demande », a déclaré M. Sangaré, également PDG de Hopes Holding.
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette tension : une croissance urbaine rapide insuffisamment accompagnée, la prédominance de l’autoconstruction, ainsi que des coûts de production élevés liés au foncier, aux matériaux importés et au financement bancaire. « Les causes techniques sont bien identifiées », a-t-il insisté, appelant à sortir de « l’hypocrisie » pour bâtir « un système pérenne où chaque partie peut jouer son rôle et réaliser son profit ».
Au cœur de la stratégie proposée figure la maîtrise du foncier, considérée comme le premier levier pour accélérer la production de logements. Le président de la CNPC-CI a plaidé pour la mise à disposition de zones foncières publiques aménagées à vocation sociale et locative afin de réduire les coûts d’entrée pour les promoteurs. Il a, à cet effet, salué les réformes engagées par le ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie en matière de sécurisation des droits de propriété et de réduction des conflits domaniaux.
Siriki Sangaré a également exhorté les parties prenantes à développer une offre locative formelle, notamment dans les segments sociaux et intermédiaires, rompant ainsi avec un modèle encore largement orienté vers l’accession à la propriété.

Parmi les autres leviers évoqués figurent l’amélioration de la bancabilité des projets grâce à des mécanismes de garantie, la mobilisation de ressources financières longues, la mutualisation des investissements ainsi que le renforcement des partenariats public-privé.
« Tant qu’on ne mettra pas en place un mécanisme qui va inverser la courbe pour qu’il y ait plus de logements que de demandes, on ne pourra pas baisser le coût des loyers », a prévenu le président de la CNPC-CI, avant d’appeler les membres de l’organisation à s’impliquer pleinement : « La chambre doit activement contribuer à cela. Nous avons les moyens de le faire. Techniquement, nous devons y arriver ».
En amont, Dr Yamoussa Coulibaly avait salué « le leadership éclairé » de Siriki Sangaré ainsi que les progrès enregistrés, notamment l’accompagnement de plusieurs membres dans l’obtention de leurs agréments d’aménageurs fonciers et de promoteurs immobiliers.
Le vice-président chargé de la Politique générale et des Réformes a par ailleurs annoncé une initiative stratégique pour 2026 visant à faciliter l’accès des membres aux engins de chantier grâce à des mécanismes de financement dédiés, afin de renforcer leurs capacités opérationnelles.

Pour sa part, Patricia Guerrier, directrice générale d’Isis Immobilier, s’est montrée confiante : « Cela va faire 50 ans en juillet que je vis à Abidjan. Nous connaissons très bien les besoins. Ensemble, nous allons faire un travail excellent ».
À travers cette mobilisation, les promoteurs immobiliers entendent contribuer à la transformation structurelle du marché du logement ivoirien, un enjeu majeur pour la stabilité sociale et le développement urbain durable du pays.
Serge Kpan, Correspondant à Abidjan
Akondanews.net