Cinéma ivoirien : l’actrice Bienvenue Koffi dénonce la précarité des comédiens

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L’actrice ivoirienne Bienvenue Koffi a publiquement dénoncé la précarité dans laquelle évoluent de nombreux comédiens en Côte d’Ivoire, appelant producteurs et autorités à une meilleure reconnaissance financière et sociale du métier d’acteur.

Dans une sortie remarquée, la comédienne a évoqué la situation de plusieurs figures emblématiques du cinéma national, notamment Fortuné Akissi et Zoumana, contraints, selon elle, de lancer des appels à l’aide sur les réseaux sociaux.

« On souffre, on souffre… », a-t-elle déclaré, regrettant que des icônes du cinéma ivoirien et africain soient obligées d’exposer leurs difficultés financières. « Est-ce normal que des stars comme papa Fortuné ou papa Zoumana soient obligées de venir sur les réseaux sociaux pour lancer des SOS ? Pourquoi ? », s’interroge-t-elle.

Selon l’actrice, la précarité commence dès la négociation des cachets. « Quand tu arrives sur un projet et qu’on te dit que tu seras payé 1 million, ce n’est pas en une seule fois. On te dit que tu seras payé sur trois mois, parce que le tournage dure trois mois », explique-t-elle.

Elle estime que ces modalités de paiement ne permettent ni d’épargner, ni d’investir, ni même d’assurer sereinement les charges courantes : loyer, factures, scolarité des enfants, alimentation, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie.

Évoquant son passage dans la série Faut pas fâcher diffusée sur la RTI, elle affirme : « À l’époque, j’étais payée à 20 000 FCFA par épisode. Que la RTI vienne démentir cela si ce n’est pas vrai. » Elle précise également que les acteurs devaient prendre en charge leurs tenues, maquillage et accessoires, tout en percevant « seulement 10 000 FCFA par mois pour le transport ».

D’autres comédiens percevaient, selon elle, 15 000 FCFA par épisode, tandis que l’actrice Adrienne Koutouan touchait 35 000 FCFA.

« On est des stars dehors, mais connaissez-vous nos réalités ? »

« Quand on sort, on est des stars dehors. Mais est-ce que vous connaissez nos réalités ? », lance Bienvenue Koffi. Elle déplore un contraste entre l’image glamour associée au métier et la réalité économique vécue par les acteurs.

« Les producteurs ont tout l’argent du monde, mais ils ne veulent pas bien payer les artistes que nous sommes. (…) Pourtant, c’est grâce à nous, les acteurs, qu’on parle de vous », affirme-t-elle, appelant à une meilleure redistribution des revenus générés par les productions audiovisuelles.

L’actrice pointe également le manque de soutien institutionnel, affirmant que plusieurs projets soumis aux ministères restent sans réponse. Elle regrette par ailleurs le faible engouement du public pour les spectacles locaux, soulignant que « payer 5 000 FCFA pour venir nous soutenir devient un problème », alors que les hommages affluent massivement en cas de décès d’un artiste.

Au-delà de son cas personnel, Bienvenue Koffi dit vouloir briser un tabou : « Beaucoup de nos mamans et papas vivent la même chose. Mais la honte fait qu’ils n’osent pas en parler. »

Cette sortie relance le débat sur le statut de l’artiste en Côte d’Ivoire, notamment en matière de rémunération, de protection sociale et de valorisation des métiers du cinéma.

Serge Kpan, Correspondant à Abidjan

Akondanews.net

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