BÉNIN – Tragédie nationale à Kandi : 70 soldats tués dans deux attaques revendiquées par un groupe affilié à Al-Qaïda

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Le Bénin a été frappé de plein fouet par l’une des attaques les plus meurtrières de son histoire récente. Le 20 avril 2025, soixante-dix soldats béninois ont perdu la vie dans deux attaques coordonnées contre des postes militaires dans la province de Kandi, au nord-est du pays. Ces actions armées, menées dans le département de l’Alibori à plus de 500 kilomètres de la capitale économique Cotonou, ont été revendiquées par le groupe djihadiste Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), une organisation affiliée à Al-Qaïda.

Selon l’agence Reuters, ces attaques marquent un tournant dramatique dans la lutte contre le terrorisme au Bénin, pays longtemps considéré comme relativement épargné par les violences extrémistes. Le bilan – 70 morts – est, selon plusieurs sources sécuritaires, le plus lourd enregistré à ce jour dans la région face aux groupes djihadistes.

Vives réactions et colère des panafricanistes

Mais au-delà du choc et du deuil national, cette tragédie a fait éclater une colère profonde au sein d’une partie de la population. La société civile, des figures panafricaines et plusieurs partis de gauche béninois ont vivement réagi, dénonçant ce qu’ils considèrent comme l’un des aspects les plus inquiétants de cette crise sécuritaire : la présence de forces armées étrangères, notamment françaises, sur le sol béninois.

Pour ces voix critiques, la responsabilité ne revient pas seulement aux groupes armés islamistes, mais aussi – et surtout – au pouvoir politique en place. Selon eux, le président béninois Patrice Talon serait directement responsable de la situation en raison de ses choix stratégiques, notamment l’accueil de militaires français sans débat parlementaire ni consultation populaire.

« On ne peut pas faire entrer une armée étrangère dans notre pays sans consulter la représentation nationale, sans débat, sans transparence ! », s’indigne un porte-parole d’un collectif panafricain basé à Cotonou. « Depuis l’installation des forces françaises, les attaques se multiplient. Comment expliquer cette coïncidence troublante ? »

Accusations graves contre les forces étrangères

Certains activistes vont plus loin encore, accusant les forces étrangères de jouer un double jeu en Afrique. Selon plusieurs leaders d’opinion, les armées occidentales présentes sur le continent n’auraient pas seulement échoué à protéger les populations, mais pourraient être, dans certains cas, des acteurs indirects de la déstabilisation.

« Ces armées ne viennent pas pour nous défendre, elles viennent pour encadrer les djihadistes, semer la terreur et ensuite se présenter comme la solution. C’est une stratégie bien huilée : créer le chaos pour justifier leur présence militaire et ensuite piller nos ressources naturelles », affirme un militant du mouvement Afrik Debout.

Des théories que certains experts jugent excessives ou non prouvées, mais qui gagnent en popularité au sein de la jeunesse africaine et des mouvements anticolonialistes.

Silence officiel et climat de méfiance

Jusqu’ici, les autorités béninoises n’ont pas fait de déclaration détaillée sur les événements. Le silence du gouvernement, en pleine tourmente, alimente la défiance. L’opinion publique exige des réponses claires : Comment une telle attaque a-t-elle pu se produire ? Quelles mesures seront prises pour protéger les populations du nord ? Quelle est la stratégie nationale face à la menace terroriste croissante ?

Pour de nombreux Béninois, le drame de Kandi est bien plus qu’un simple acte terroriste. Il marque un tournant dans l’histoire sécuritaire et politique du pays et pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans la mobilisation citoyenne contre les ingérences étrangères, tout en remettant en question la légitimité de certaines alliances militaires.

Kakaboara, correspondant à Abidjan

Akondanews.net

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