RDC : évasion massive à la prison centrale d’Uvira – la ville en proie au chaos entre affrontements et avancée rebelle

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 La situation sécuritaire en République Démocratique du Congo continue de se dégrader, particulièrement dans la province du Sud-Kivu où les tensions s’accentuent après l’évasion massive de la prison centrale d’Uvira, connue sous le nom de prison Mulunge. Ce mercredi, tous les détenus, civils comme militaires, se sont évadés, profitant du chaos engendré par les récents affrontements entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens Wazalendo.

Une évasion en pleine crise sécuritaire

L’évasion a été confirmée par plusieurs sources locales contactées par Akondanews.net. D’après Mwela Lwasa, directeur de la prison Mulunge, « les portes de la prison ont été cassées par des militaires fuyards qui voulaient libérer leurs compagnons détenus. D’autres civils en ont profité aussi pour quitter la prison où actuellement il n’y a aucun détenu sur les 500 enregistrés la semaine dernière après la grâce présidentielle. » Cette évasion de masse survient dans un contexte d’insécurité généralisée alors que des combats font rage aux abords de la ville.

Les affrontements entre les FARDC et les miliciens Wazalendo ont débuté il y a au moins deux jours, semant la panique à Uvira. Des échanges de tirs nourris ont été signalés, causant plusieurs morts et exacerbant l’instabilité dans la région. Les habitants, pris de panique, se sont réfugiés chez eux ou ont fui la ville pour échapper aux violences.

Une avancée rebelle inquiétante

Le chaos à Uvira est aggravé par la progression rapide des rebelles de l’AFC/M23 qui continuent de s’emparer de territoires stratégiques dans la province du Sud-Kivu. Après la chute sans combats des villes de Bukavu et Kamanyola, les rebelles se dirigent désormais vers le sud, s’approchant dangereusement d’Uvira, située à seulement 50 kilomètres.

La présence de l’AFC/M23 dans les environs crée une atmosphère de peur et d’incertitude. Bien que leur entrée dans la ville ne soit pas encore confirmée, la majorité de la population a déjà fui vers des zones plus sûres. Certains se sont réfugiés à Bujumbura au Burundi, tandis que d’autres ont pris la direction de Kalemie. Les rares habitants encore présents à Uvira sont retranchés chez eux, fuyant les tirs échangés entre les FARDC et les miliciens Wazalendo.

Un risque de carnage

La situation à Uvira demeure explosive. Les combats entre les Wazalendo et les FARDC, couplés à l’avancée du groupe rebelle AFC/M23, font craindre un carnage dans la ville. Les miliciens Wazalendo, opposés aux forces loyalistes, constituent un facteur de risque supplémentaire pour la population civile, déjà prise entre plusieurs fronts armés.

Des témoins rapportent que l’évasion massive des détenus pourrait encore aggraver l’instabilité locale, en particulier si certains d’entre eux rejoignent les groupes armés qui se battent dans la région. Les autorités locales, dépassées par l’ampleur des événements, peinent à contenir la crise.

Un climat d’incertitude et de peur

La situation sécuritaire à Uvira illustre la fragilité croissante de l’Est de la RDC face à la montée en puissance des groupes armés. Alors que les institutions locales s’effondrent progressivement sous la pression des attaques rebelles, la population civile demeure la principale victime de cette guerre sans fin.

Akondanews.net continue de suivre les développements sur place et fournira des mises à jour au fur et à mesure que la situation évolue.
Rédaction
Akondanenews.net

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