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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Burundi a rejeté, ce mardi 31 décembre 2024, les listes des candidats présentées par une coalition d’opposition dans le cadre des législatives prévues cette année. Parmi les personnalités concernées figure Agathon Rwasa, ancien leader du principal parti d’opposition, le Congrès national pour la liberté (CNL), désormais écarté de la course.
Cette décision intervient après qu’Agathon Rwasa a été évincé de la présidence du CNL en mars dernier, au profit de Nestor Girukwishaka, soutenu par des dissidents proches du pouvoir en place. Les listes rejetées par la CENI incluaient les candidatures de membres de la coalition « Un Burundi pour tous », formée notamment par des dissidents du CNL.
Interrogé par Akondanews.net, Agathon Rwasa a dénoncé une décision arbitraire visant à éliminer toute opposition crédible. « Ce que la CENI est en train de faire montre que le processus électoral n’est pas démocratique, puisqu’il s’agit d’une course du CNDD-FDD contre lui-même et ses alliés », a-t-il déclaré.
Rwasa a également critiqué le manque de transparence et d’impartialité du processus, affirmant que la CENI semble « servir les intérêts du parti au pouvoir, plutôt que de garantir une élection libre et équitable ».
Selon la CENI, cette exclusion repose sur un décret stipulant que tout candidat indépendant doit n’avoir appartenu à aucun parti politique durant l’année précédant les élections. De plus, les anciens membres d’organes dirigeants d’un parti politique ne peuvent se présenter que deux ans après leur démission ou leur éviction. Cette disposition légale, perçue comme une entrave à la participation de figures majeures de l’opposition, a suscité une vive controverse au sein de la classe politique burundaise.
D’après le calendrier électoral, les candidats écartés disposent de deux jours pour déposer un recours devant la Cour constitutionnelle. Cette dernière a huit jours pour se prononcer avant que la CENI ne publie la liste définitive des candidats retenus d’ici le 13 janvier 2025.
Si la décision de la Cour venait à confirmer l’exclusion de Rwasa et de ses alliés, cela risquerait de fragiliser davantage le processus électoral au Burundi, déjà marqué par des tensions politiques et un climat de méfiance entre le pouvoir et l’opposition.
Cette exclusion des figures emblématiques de l’opposition rappelle les élections précédentes, où des contestations similaires avaient conduit à des tensions politiques et sociales. Les observateurs craignent que ce nouveau rebondissement n’entraîne une crise politique majeure si les revendications de l’opposition ne sont pas prises en compte.
La communauté internationale suit de près cette situation, exhortant les autorités burundaises à garantir un processus électoral transparent et inclusif pour préserver la stabilité du pays.
Raphaël Lumoo
Akondanews.net