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Dans la perspective de l’amélioration de leur condition de vie, les Enseignants du Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, les Agents du Ministère de santé et eux des Affaires sociales, ont depuis ce mardi 15 octobre désavoué l’Etat de Côte d’Ivoire pour marquer un arrêt de travail de 72 heures. Ils exigent pour l’essentiel à l’Etat de Côte d’Ivoire, le paiement de primes trimestrielles.
En dépit des menaces des autorités de tutelle qui brandissent le protocole d’accord de la trêve sociale signé en août 2022 et certaines dispositions légales relatives du 11 septembre 1992, fixant les modalités de la grève dans les services publics de Côte d’Ivoire, les Enseignants du Ministère l’éducation nationale et de l’alphabétisation ainsi que plusieurs agents de santé, ont largement suivi le mot d’ordre de grève de 72 heures de leurs différentes directions syndicales. Ce, pour faire pression sur le gouvernement ivoirien pour obtenir une satisfaction de leur principale revendication, qu’est la prime trimestrielle.
Engagées dans la satisfaction méthodique de leurs revendications, les différentes structures syndicales de la Fonction publique du pays, ont souscrit aux exigences de la trêve sociale, qui invitent les Fonctionnaires et Agents de l’Etat du pays, à s’abstenir de tout mouvement de grève jusqu’en 2027, aux fins d’instaurer un climat social apaisé et permettre au gouvernement de mettre en œuvre ses engagements pris en faveurs des Fonctionnaires et Agents de l’Etat. A savoir, l’amélioration de la condition de vie et de travail des fonctionnaires et agents de l’Etat, le paiement du stock des arriérés de salaire, l’instauration de plusieurs primes, dont la prime trimestrielle et la prime de fin d’année qui, représente le tiers du salaire mensuel indiciaire de base et les allocations familiales.
Mais, l’amer constat de l’absence de mise en œuvre effective des engagements pris par le gouvernement ivoirien, rouvre la porte des revendications syndicales des Fonctionnaires et Agents de l’Etat à travers plusieurs préavis de grève adressés aux différentes tutelles.
Si l’Intersyndicale du Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (IS-MENA), a réussi à faire débrayer les enseignements du public sur l’ensemble du territoire national, la situation reste encore timide chez les agents de santé, conduits par la Coalition des syndicats de la santé (COALISANTE) qui, selon son porte-parole, Koné Siaka, « la majorité des camarades n’ont pas pu être informés à temps, car le mot d’ordre de grève a été diffusé tardivement, hier. Beaucoup de personnes n’ont donc pas reçu l’information à temps. Nous sommes en train de prendre les dispositions nécessaires pour corriger la situation et organiser une meilleure répartition demain. »
« Ces arrêts de travail projetés en dépit des efforts consentis par le Gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre du protocole d’accord portant trêve sociale conclu avec les centrales et faitières syndicales sur la période 2022-2027 et de l’existence de cadres de dialogue permanents, sont de nature à fragiliser à fragiliser le climat de paix social. (…) Le Ministère de la Fonction Publique rappelle à l’ensemble des Fonctionnaires que le recours à la grève obéit à une procédure légale dont le non respect expose les contrevenants à des mesures pécuniaires et à des sanctions disciplinaires, sans préjudice, des poursuites pénales susceptibles d’être engagées contre elles en cas de violence ou de voie de fait » , a martelé la Ministre de la Fonction Publique et la modernisation de l’administration, Anne Désirée OULOTO, à la suite du Préfet d’Abidjan qui dans une note adressée aux Directeurs Régionaux de la Santé, de la Protection Sociale et de l’Education nationale, le 14 octobre dernier, a invité ces derniers à lui fournir la liste de leurs collaborateurs qui observeront l’arrêt de travail à partir du 15 octobre 2024.
C’est donc dans un contexte tendu mêlé de menaces, d’intimidations, de chantages et de défiance que se tient la grève dans les secteurs de l’Education-formation, de la santé et des affaires sociales ; laquelle semble être minimisée à souhait par le gouvernement ivoirien qui paradoxalement a invité à la table de discussion les faitières et centrales syndicales dès ce mercredi 16 octobre 2024, là où les syndicats d’enseignants et des agents de santé prévoient continuer leur action au-delà des 72 heures, si la revendication de la prime trimestrielle n’est pas satisfaite.
Faut-il rappeler que le taux du suivi du mot d’ordre de grève reste significatif, car, à la seule journée du mardi 15 octobre 2024, à en croire le porte-parole de la Plateforme secteur Education-formation (PSEF), Siaka KONE: « Taux de suivi du mot d’ordre consolidé sur l’ensemble du territoire national. Enseignement technique, professionnel et apprentissage 100%, Enseignant Secondaire général 96%, Enseignement préscolaire et primaire 87% ».
Adingra OSSEI