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Dans une déclaration relative à l’assassinat de l’étudiant Deagoue Zigui Mars Aubin, l’Observatoire international des questions de droits (OID), condamne fermement l’escalade des violences sur l’espace universitaire et propose au Gouvernement ivoirien une réévaluation de la mesure conservatoire visant à « interdire toutes les activités des associations syndicales estudiantines sur l’ensemble du territoire national ».
L’OID a, à l’instar de plusieurs organisations de la société civile ivoirienne, condamné ce vendredi 4 septembre 2024, l’assassinat de l’étudiant Deagoue Zigui Mars Aubin, alias « sorcier », dont le corps sans vie a été découvert dans la nuit du 28 au 29 septembre 2024 dans les encablures du CHU de Cocody. L’OID, par la voix de son président M. Arsène Touho, condamne le énième assassinat survenu sur l’espace universitaire qui, porte gravement atteinte au droit à l’éducation et salue par ailleurs, les premières actions des autorités policières et les mesures prises par le gouvernement ivoirien.
« L’OID (…) salue les promptes réactions aussi bien des autorités policières qui ont permis de procéder aux premières interpellations que du gouvernement qui a pris une mesure conservatoire visant à « interdire toutes les activités des associations syndicales estudiantines sur l’ensemble du territoire national »» indique t-il dans sa déclaration.
Toutefois, l’Observatoire, exprime son inquiétude face à la mesure conservatoire prise par le gouvernement qui suscite des doutes quant à sa portée et à la violation des libertés fondamentales d’association et de réunion consacrée par la Constitution du pays.
« Quoique compréhensible au regard de son but visant à imposer avec fermeté l’accalmie dans l’espace universitaire et à prévenir un probable regain de violence, suscite des doutes légitimes quant à sa portée car non seulement elle n’est pas limitée dans le temps mais elle gèle également les activités des autres organisations estudiantines non concernées par ces évènements. La perpétuation de cette mesure conservatoire ferait basculer le gouvernement dans une violation des libertés fondamentales d’association et de réunion dont il est pourtant le garant au regard des articles 1 et 11 de la Constitution » précise l’OID qui, invite le gouvernement à la réévaluer et à la limiter dans « un laps de temps raisonnable suffisant pour atteindre l’objectif assigné ».

Faut-il rappeler que l’annonce officielle de l’assassinat a été faite par le Procureur de la République, près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Ousmane, dans un communiqué rendu public le 1er octobre dernier et ; le Collectif des Secrétaires généraux intérimaires de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) n’a pas tardé dans une récente déclaration de qualifier l’acte d’« odieux » ,avant d’accuser le secrétaire général de la FESCI , Kambou Sié, d’être l’auteur de plusieurs cas d’exactions commises à l’encontre des étudiants hostiles à sa gouvernance.
« Cet acte odieux s’inscrit dans une série de violences perpétrées par les partisans de Kambou Sié, dans le contexte d’une crise interne au sein de notre organisation. Depuis son élection, Kambou Sié a engagé un renouvellement des sections sans respecter les procédures légales, nommant plusieurs secrétaires généraux de manière illégitime. Cette situation a conduit un groupe de secrétaires généraux à se constituer en collectif, revendiquant pacifiquement la reprise du processus de renouvellement. Cependant, en réponse à nos demandes légitimes, Kambou Sié a choisi d’intensifier la violence » révèle le Collectif des Secrétaires généraux intérimaires de la FESCI.
Et d’énumérer brièvement, du fait de Kambou Sié, plusieurs cas de violences et d’exactions à l’encontre des étudiants sur l’espace universitaire.
« Parmi les nombreuses exactions qu’il a orchestrées, nous pouvons citer, la séquestration de Jimmoh Stephen, ancien SO de la cité rouge, le 27 avril 2024, la séquestration et la violence exercées sur quatre camarades le 15 mai 2024, les empêchant de participer aux examens à l’université Nanguy Abrogoua, des actes similaires contre deux camarades à l’université Félix Houphouët-Boigny le même jour, quatre attaques contre des étudiants des cités d’Abobo 1 et 2, l’attaque de la Coordination de Yopougon le 4 juin 2024, entraînant de nombreuses plaintes, l’enlèvement du camarade Douky le 28 août 2024, la séquestration du Coordinateur de la FESCI Abidjan Sud et de son Secrétaire à l’organisation le 26 septembre 2024 », note t-on à la lecture de la déclaration des responsables de sections intérimaires de la FESCI.
La mesure conservatoire prise par le gouvernement ivoirien, à la suite du meurtre de l’étudiant Deagoue Zigui Mars Aubin, ex secrétaire général de la section FESCI de la cité universitaire d’Abobo 1, ne traduit-elle pas en d’autres termes, la dissolution de la FESCI ?
Adingra OSSEI